Quand le Destin s'en mêle {5}



En pleine après-midi, entre les hauts murs de du pénitencier Saint-James, le match de basket qui avait lieu dans la cour, prit rapidement fin. Les joueurs des deux équipes étaient épuisés, mitigés quant à l’issus du sort que leurs adversaires leur réservaient à présent. Je me demandais encore comment les choses allaient évoluer maintenant que l’enjeu qui avait été imposé un peu plus tôt dans le match, avait donné du caractère à celui-ci, rendant les joueurs plus motivés que jamais à la victoire. Mais à présent, que je faisais partie de ceux qui avaient malheureusement perdu le match, j’ignorais tout. Je laissais donc le temps aux membres de l’équipe de partir avec qui il le souhaitait, optant pour me rafraichir un peu, bouteille d’eau à la main, Marcel dans l’autre. Je n’imaginais pas un instant être la cible d’un regard bien appuyé de la part de Jason. Pourtant en y repensant à nouveau, ce n’était que le premier d’une longue et délicieuse série.

Il ne fallut pas bien longtemps pour que les murmures de fantasmes et autres désirs farfelus se fassent entendre, comme le bruit de pas dans la cour qui s’éloignait. Me retournant vers le terrain, je ne vis que le Black Tears, impressionnant et le regard posé sur moi. Je restai face à lui, éloigné de quelques mètres pour le contempler à loisir, l’oreille attentive à ce qu’il me disait. J’eut un bref sourire à ses paroles, alors que mon regard débutait une analyse de lui plus pointue qu’il n’en avait eu le loisir, quelque temps plus tôt lors du combat avec Randy. Cet homme était sans doute le plus captivant de nous deux, à mon sens, il avait un charisme écrasant, un magnétisme si violent, que je serais facilement allé vers lui et m’enchaîner à son corps, sculpté et luisant de sueur. Au-delà, de son corps en lui-même et de sa force, dont j’avais eu un aperçut pendant le match, c’était surtout son regard qui attachait le mien au sien. Et leurs couleurs, grenat, presque improbable, demeurait à mon avis, l’atout de séduction de cet homme. Il était d’ailleurs facile d’y lire en cet instant, ce qu’il semblait vouloir cacher ou contre quoi il se battait intérieurement. C’était juste grisant et puissant !

- « Ce n’était pas difficile de le comprendre... Il ne reste que nous. » répondais-je d’une voix calme, sans le quitter du regard, alors que d’une main, je déposais mon marcel sur mon épaule.

La bouteille d’eau, termina sur le banc, derrière moi, alors que d’un coup d’œil vers le second des Black Tears, je le vis s’approcher, pour se planter en face de moi. Sa voix, tendancieuse et même licencieuse, manqua de déclencher un frison sur l’ensemble de mon corps, quant aux aux regards qu’il apposait sur mon corps… Inspirant profondément, je me soumis à son jugement, sans broncher, le laissant observer à sa guise ce qu’il jugeait nécessaire d’analyser, un sourire presque amusé aux coins des lèvres. J’ignorais si c’était l’attitude même de Jason, ou bien son physique qui déclenchait en moi une foule de sensations différentes. Une chose était sûre, il ne me laissait nullement indifférent, bien au contraire, il me faisait vibrer de tout mon être.

- « J’ignorais que les Black Tears n’aimaient pas partager... », murmurais-je presque du bout des lèvres, mon regard dans le sien, qui finalement, s’abaissa vers son torse. Bon Dieu, cette peau caramélisée, grillée par le soleil et que je devinais brûlante, me faisait de l’œil. J’avais tant, envie de le toucher...

Cette simple réalisation faite, je fus surpris par le court de mes pensées. J’ignorais tout du B.T et pourtant, pourtant, il agissait comme un aimant à chaque fois qu’il était présent dans la même pièce. Déjà lors du combat avec Randy, le simple contact de la main du second, sur mon torse, m’avait rendu trouble, incertain et fait exploser une sensation de plus. J’en voulais plus. Plus encore, que ce si faible contact lors du match. Déglutissant, je remontai mon regard vers le sien, m’y noyant, avant de sourire légèrement à l’écoute de ses propos.

- « Malheureusement pour toi, je ne peux pas confirmer. » Lançais-je taquin, avant de continuer sur le même ton, m’approchant juste un peu plus de loin, comme pour frôler son torse au mien. « … Tu n’as qu’à juger par toi-même et te faire ta propre opinion. »

Me reculant juste un peu pour reprendre ma position initiale, je gardais l’œil posé sur lui, sans un mot de plus, pendant un court instant. Saisissant le haut de ma combinaison, sur mes hanches, j’en enfilai les manches, la laissant cependant ouvert sur mon torse, ignorant s’il prendrait ce geste comme la gêne d’être soumis à son regard de braise.

- « Tu comptes, encore utiliser l’excuse d’un insecte pour vouloir me toucher ? », questionnais-je amusé, en repensant à son geste, qui avait provoqué en moi, un fou rire si difficile à contenir.