Jason se
contentait de lui répondre par un sourire indicible. Il lui arrivait d’être
possessif, quelques heures, voir quelques jours avant de se lasser, ou durant
le lapse de temps que pouvait durer un gage, mais jamais bien longtemps. Les
yeux de Jason s’assombrirent de désir, ce sentiment aussi merveilleux que
grisant de posséder du pouvoir sur son adversaire l’envahit. S’il avait
toujours cherché à tout contrôler, tenter le destin était et demeurait son
point faible, un trait de caractère dont il n’avait jamais pu se débarrasser.
Mais pour une fois, la chance jouait en sa faveur et il ne laisserait pas ce
bel étalon lui filer entre les doigts.
- Effectivement… Je vais en juger par moi-même.
Jason suivait du regard la courbe de sa mâchoire, alors que Tomas s’écartait d’un pas pour le regarder dans les yeux. Il tenta de déchiffrer son expression, mais Tomas opposa un visage énigmatique. Jason mourait d’envie de l’ouvrir à la passion, jusqu’à sentir toutes les fibres de son être. Tomas était comme un fruit, qui éclaterait sur sa langue dès qu’il poserait les lèvres sur lui.
Il souriait comme à une plaisanterie connue de lui seul, mais Tomas avait su découvrir la supercherie et il en riait. Jason lui lança un regard amusé avant de se rapprocher de lui, d’un pas, menaçant et imperturbable. Il caressa du pouce la lèvre inférieure de Tomas, elles frémirent sous son doigt, mais elles étaient résolues à imiter la nonchalance. Sa main libre se referma sur la nuque adverse, puis ses doigts s’immobilisèrent, et ils se pressèrent pour l’attirer à lui. Jason se pencha, les lèvres à un cheveu de celles de son vis-à-vis, elles réclamèrent, autoritaires, bouleversantes, un baiser. Il s’empara de sa bouche et une onde brulante se déferla en lui.
- Quel doux agrume..
Il s’interrompit et ses lèvres se plaquèrent à la base du cou, aspirant suffisamment fort pour laisser une marque. Ses doigts s’insinuèrent entre les cuisses de Tomas, à travers le tissu de la combinaison, une longue pression intime qui embrasa les sens, puis s’enfoncèrent légèrement avant de se retirer. Tandis qu’il plaqua sa bouche ouverte sur son cou et des mots inaudibles s’échappèrent silencieusement, jusqu’à sourire contre sa peau.
- Suce-moi.
Il se détacha du corps de Tomas pour venir planter ses yeux grenat dans les siens. Il tendit sa main pour venir frôler du bout des doigts le torse découvert de son partenaire, descendant jusqu’en bas de son ventre, appuyant, de son index, sur le nombril.
