Tous les regards
– ceux des autres joueurs - étaient virés vers leur direction, après que le B.T
est dévié le ballon de sa trajectoire et qu’un simple « merci », d’une
voix presque trouble, est franchi les lèvres de Tomas. Même s’il avait
pratiquement la même taille, Jason donnait une sensation de supériorité, il
dominait Tomas de toute sa stature. Il leva lentement les yeux et il darda sur
lui un regard qui eut fait geler un étang. Il exprimait à la fois la confusion
et les désirs dangereux qui apparaissaient captivants, mais, en réalité,
l’estomac se noue, le pouls s’affole, des émotions s’élèvent pour retomber
comme un papillon pris dans une tempête. Jason se promit de le punir de faire
naitre en lui des pensées confuses et contradictoires.
Jason avait chaud, il pouvait sentir la chaleur s’infiltrait dans les pores de sa peau afin de laisser la sueur ruisselait le long de son corps et, des fines gouttes coulaient le long de sa nuque pour ensuite se perdre dans les courbes musculaires de son dos. Le jeu reprit dans l’agitation, dans la fureur de gagner car l’enjeu était de taille et Jason ne laisserait pas la victoire lui glisser entre les doigts, il en était hors de question, car il y avait trop de passion attendant d’être libérée. Le gang des B.T dominait de la tête et des épaules l’équipe adverse et ils continuaient, tout au long du match, à leur pourrir la vie afin de les achever avec un score de 20 à 14 pour son équipe.
Tandis que d’autres râler de leur défaite et que certains hurlaient de leur victoire, Jason lui observait Tomas qui se faufilait hors du terrain pour s’éponger le corps. Il détaillait l’allure de son dos et la bouche de Jason s’affaissa une fraction de seconde avant qu’il ne se ressaisisse. Il jeta un coup d’œil derrière lui pour s’assurer que personne ne le regarde : Mais ils étaient tous déjà parti à leurs occupations. Il allait probablement, lui aussi, obtenir ce qu’il voulait, ici même, sur le béton, sur un banc, ou encore debout contre le mur. S’enfoncer à lui, satisfaire la soif qu’il avait de lui, avaler chaque cri qui lui échapperait forcément et contempler son regard ivre et les expressions de son visage.
- Tu es perspicace et captivant.
Jason sourit sans joie, ce qui lui fit froncer les sourcils, mais son regard était intense, qu’il en était à couper le souffle. Il suivit des yeux les mouvements de Tomas, en proie à une confusion inexplicable. Durant de longues minutes, Jason ne bougea pas de sa place, donnant l’impression que ses pieds s’étaient enfoncés dans le béton avant de se décider, d’un pas lourd, de s’avancer vers Tomas. Il se positionna devant lui, plongeant ses yeux grenats dans les siens pour l’inviter à en faire de même pour lancer la première bataille.
- Et uniquement pour moi.
Il le déshabilla du regard, sans le moindre scrupule, sans la moindre gène. Jason avait des vues sur Tomas depuis la première fois que son regard avait croisé le sien. Depuis cette fois-là, ou Randy s’était battu avec lui dans un match équitable.
- J’espère que tu es aussi fougueux au lit que sur un ring de boxe. Lança t-il d’un ton à la fois amusé et impatient.
