Quand le Destin s'en mêle {12}



S’il pouvait décrire cette sensation, Jason emploierait sans-doute une comparaison avec l’un de ses desserts préféré qui n’était-autre qu’une coupe de fruit alcoolisé avec une quantité importante de chantilly. Il allait prendre son temps, savourer ce plaisir qui lui crispait les entrailles si douloureusement que s’en devenait grisant, si intense, que son excitation s’intensifiait dans le cul encore endoloris de son partenaire, pourtant celui-ci l’acceptait avec passion au fond de lui.

Ses mains s’étaient enserrées autour de la taille de Tomas, ses doigts étaient figés dans cette peau à la fois crémeuse et satinée. Sa bouche se rapprochait inexorablement vers l’épaule adverse, il voulait le gouter : avait-il un goût salé, ou peut-être sucré, ou bien-même le mélange des deux ? Sa bouche se trouvait à quelques millimètre d’un contact supposé futile, mais pourtant qui le troublait d’un sentiment encore inconnu. Il crispa sa mâchoire, ses dents grincèrent sous l’impulsion. Il se refusa de se délecter de sa saveur. Jason s’infligeait cette torture et son souffle chaud s’échoua sur l’épaule de Tomas, tandis qu’un bruit animal grogna du fond de sa gorge. L’ivresse devenait plus provocante, ce refus de savourer son parfum était entêtant et troublant.

Ses lèvres étaient crispées mais Jason dessinait un petit sourire à peine perceptible sur son visage tant ses traits étaient paralysés. Oui, il était imposant. Il le savait. Il était même connu pour ses mensurations importantes et certains détenus venaient à sa rencontre pour lui proposer une partie de jambe en l’air. Cependant, dès qu’il dévoilait sa véritable facette, celle du dominant adorant les fouets et la baise violente, la plupart repartait la queue entre les jambes, sauf ceux qui étaient téméraires, ou tout simplement curieux. Mais ce genre de relation ne durait que le temps de quelques heures. Jason était toujours à la recherche de son esclave, de son soumis. Lentement son visage se décomposa, peut-être l’avait-il trouvé ? Pour une première approche, il avait brillé.

Il ferma un moment les yeux pour remettre de l’ordre dans ses pensées. Personne ne souhaitait d’un homme comme lui, ce n’est pas le genre de type à offrir des fleurs et des chocolats. Il était plutôt le genre menottes et cordes. Après avoir repris un tant soit peu ses esprits, même si une partie de son raisonnement restait encore dans le brouillard, Jason rouvrit les yeux pour contempler la nuque de Tomas qui rouspétait de son inactivité entre ses fesses. Il en rit quelques secondes avant de se taire, le visage froid, insensible.

- Première règle. Dit-il d’une voix basse et troublante tout en agrippant les cheveux de Tomas pour tirer son visage en arrière. Tu ne me donnes aucun ordre. Répliqua-t-il sur le même ton, sa bouche soufflante près de son oreille.

Jason retira une partie de sa queue, ne laissant que son gland au chaud entre les fesses de son partenaire. Sa main dans les cheveux de son soumis s’agrippait plus fermement pour jouir psychologiquement de son contrôle, de sa maîtrise sur la situation qui se déroulait devant ses yeux, tandis que tout son sang bouillonnait d’impatience de s’enfoncer en lui et de démolir son arrière train. Il pouvait sentir les battements de son cœur contre ses tempes, c’était à la fois insoutenable et languissant. Il déglutit.

- Deuxièmement. Souffla-t-il après avoir avalé sa salive, pour ensuite mordre violemment le lobe de l’oreille, Pour toi, c’est Maître Jason. Rugit-il entre ses dents tant il avait du mal à garder son self-control, une attitude inhabituelle.

Il entrouvrit les lèvres et laissa échapper un petit cri de surprise quand Jason sentit son membre se faire littéralement absorber a l’intérieur de la cavité souterraine de son partenaire, son cul était trempe, chaud et sans-doute sexuellement frustré. Il ressentit cependant quelque chose d’entièrement nouveau, un trouble, une excitation qu’il n’avait jamais éprouvés. Il fallait qu’il le possède, violemment, il n’y avait pas d’autre option possible.
Un long frisson parcourut le dos de Jason. D’ordinaire, il calculait ses moindres gestes, les dosait de façon à obtenir la meilleure réaction possible et analysait les réponses de ses partenaires comme autant de signaux jalonnant le chemin de sa victoire. Cette fois, il se laissait uniquement guider par son instinct, comme un animal.
Avant qu’il ait eu le temps de réfléchir, sa main se referma doucement sur son rein, il le plaque contre lui, son sexe durci venant se loger encore plus loin en lui. C’était ce qu’il voulait, posséder cette exquise sucrerie, se l’approprier. Jason huma l’odeur de Tomas qui émanait de sa peau et sentit son cœur galoper, ses narines palpiter et ses muscles se contracter.
Sa main sur les reins de Tomas contourna sa taille pour venir se perdre vers les boucles de sa toison et s’enrouler autour de ses doigts. Il laissa, un instant, sa main se reposer sur ses poils pubiens avant de saisir la chaude moiteur de son entrejambe. Son pouls s’emballe comme un forcené.

- Supplie-moi… Et je bougerais. Articula-t-il lentement pour dissimuler ses émotions.

Jason jaugeait les réactions de son partenaire, il enregistrait chacun de ses frémissements, chacun de ses soupirs, et il s’émerveillait de sentir ses muscles intimes enserrer sa queue d’un mouvement rythmique. Il ferma les yeux très forts et serra les dents tandis que son sexe en érection palpitait encore entre ses fesses.

- Dépêches-toi ! Gronda-t-il en serrant ses doigts dans les cheveux de Tomas, pendant que son autre main, caressait, lentement, sa verge dure et chaude.