Il devait
être tard dans la nuit, car il n'y avait pas le moindre bruit, autre celui des
gardiens que l'on entendait aller et venir de temps à autre devant les
cellules. Parfois, il arrivait que l'on puisse entendre le ronflement d'un
détenu, le bruit des draps que l'on froisse à un rythme intrigant mais qui
pouvait faire sourire, car reconnaissable. Au loin, je perçus le bruit d'un
rire suave, que je devinais être celui d'un gardien, de l'autre, le ronflement
habituel et singulier de Brishman. Pour lui, la rumeur était définitivement
devenue une vérité connue de tous !
Les yeux clos, je me berçais de l'ensemble de ses bruits, sans pour autant réussir à trouver le sommeil. Pourtant ce n'était nullement les bruits qui me maintenait éveillé de la sorte, ni même cette foutue peur de dormir pour avoir à revivre les souvenirs de mon passé. Cela faisait quatre jours que je dormais quelques heures à peine et cela faisait autant de temps que j'avais parlé à Jason pour la dernière fois. Son simple prénom réanimait les souvenirs de notre dernière entrevue dans la cour quelques jours plus tôt, comme des sensations étranges dont je n'arrivais toujours pas à définir l'origine. La raison de mon insomnie actuelle, c'était lui, le Black Tears. Ouvrant alors les yeux, j'eus un soupire de lassitude. Combien de temps encore allais-je devoir attendre avant que les portes ne s'ouvrent et que je puisse filer m'occuper plutôt que de tourner en rond comme un lion en cage. Car plus je restais à ne rien faire, plus la proposition de Jason, me revenait en tête et m'obligeais à me pencher dessus.
Les yeux clos, je me berçais de l'ensemble de ses bruits, sans pour autant réussir à trouver le sommeil. Pourtant ce n'était nullement les bruits qui me maintenait éveillé de la sorte, ni même cette foutue peur de dormir pour avoir à revivre les souvenirs de mon passé. Cela faisait quatre jours que je dormais quelques heures à peine et cela faisait autant de temps que j'avais parlé à Jason pour la dernière fois. Son simple prénom réanimait les souvenirs de notre dernière entrevue dans la cour quelques jours plus tôt, comme des sensations étranges dont je n'arrivais toujours pas à définir l'origine. La raison de mon insomnie actuelle, c'était lui, le Black Tears. Ouvrant alors les yeux, j'eus un soupire de lassitude. Combien de temps encore allais-je devoir attendre avant que les portes ne s'ouvrent et que je puisse filer m'occuper plutôt que de tourner en rond comme un lion en cage. Car plus je restais à ne rien faire, plus la proposition de Jason, me revenait en tête et m'obligeais à me pencher dessus.
" Je te
veux "
" Deviens mon soumis "
" Je t'éduquerais aux plaisirs charnels, à découvrir ta propre perversité.
"
" Je te laisse une semaine. "
" Je te laisse une semaine. "
Ses mots, ses paroles, le timbre de sa voix quand ils les avaient prononcés et ses yeux... ses extraordinaires yeux ! Je me souvenais de tous avec une précision et une clarté impressionnante que ça en devenait presque une obsession. Jamais de ma vie, une personne m'avait accaparé l'esprit aussi longtemps, autre celles que j'avais dû éliminer. Je devais prendre en compte, les pours et les contres de la demande de Jason, mais encore à l'heure actuelle, j'étais incapable de me decider. L'attirance que j'avais pour lui et ce que nous avions vécu lui et moi dans la cour me poussait irrésistiblement vers lui, sans parler de son côté autoritaire et parfois rassurant. Pourtant, savoir que j'allais entrer dans un monde quasiment inconnu me laissait un part de crainte et d'appréhension dont je n'arrivais pas à me défaire. Au fond de moi, néanmoins, j'avais envie d'essayer et cette envie me poussait à dire oui. Mais était-ce le bon choix pour autant ? Je l'ignorais. Je décidais donc de remettre à plus tard ses interrogations pour tenter de trouver le sommeil dont j'avais besoin et qui je l'espérais serait porteur de conseil.
C'est par la sonnerie sourde et par le bruit métallique des portes qui s'ouvrent que je fus réveillé. Je ne devais pas être le seul d'ailleurs, au vu du brouhaha général que l'on pouvait entendre de part et d'autre. Descendant alors du lit superposé dans lequel j'étais, je me passai un coup d'eau sur le visage, après avoir enfilé ma combinaison, pour sortir de la cellule, pour l'appel obligatoire. Dans le couloir, tout en attendant d'entendre mon nom, je levais les yeux vers l'horloge, celle-ci indiquait huit heures cinq, aussi je devinais que l'on devait être dimanche, pour avoir eu le droit à une pseudo grâce matinée. Ce qui n'était pas du luxe, car cette nuit encore je n'avais que peu dormis. Me massant la nuque, je filais vers le réfectoire, tout en passant devant le gardien qui venait de beugler mon nom comme un forcené, afin de prendre un peu de force.
La grande majorité des détenus étaient présents dans le réfectoire, sans doute la routine habituelle nous y poussait aussi. Prenant un plateau que je garnissais de quelques bricoles à manger et d'un café grand format, je partis me poser sur une chaise dans un coin de la pièce, afin de pouvoir émergé de mon sommeil en douceur et sans encombre. De là où je me trouvais, j'avais vu directe sur l'entrée du réfectoire et donc, des personnes qui s'y engouffraient. J'y reconnaissais des visages familiers, comme celui de mon codétenu, ou bien de Lion de la prison accompagné de son second, mais ce qui attira plus mon attention, fut sans aucun doute son arrivée à lui ! Jason Ravana. J'inspirai un bon coup, apportant en même temps ma tasse à mes lèvres, pour en savourer le breuvage noir, sans pour autant quitter des yeux l'homme qui me hantait depuis bien des jours maintenant. Comme toujours, il était accompagné de son chef, dont je me souvenais des droites violentes. Il n'en fallut pas davantage pour joindre les gestes à la pensée et passer ma main sur ma mâchoire.
Je ne m'attardai pas davantage cependant à la contemplation de Jason, par peur d'être remarqué aussi, mais parce qu'il allait être vital que je me le sorte de la tête au moins une heure de mon temps. Quelques minutes ensuite, une fois le plateau devant moi vide, je quittais le réfectoire, pour me diriger vers les douches. Je pris celle-ci froide, presque glaciale tout en espérant qu'elle ferait passer ainsi, la bouffée de chaleur que j'avais eue, rien qu'en voyant le Black Tears. Je me laissai un moment à la rêverie, me souvenant des lèvres de Jason contre les miennes... il avait su être autoritaire, directif aussi et pourtant respectueux et intense à la fois. Un mélange explosif, comme la sensation de sa peau contre la mienne... de son corps ferme, de son regard pénétrant, comme de sa voix rauque et gutturale lorsqu'il s'était adressé à moi avant de me prendre... Sans vraiment que je le remarque, mon corps s'était échauffé de lui-même, alimenté par les souvenirs de cette baise torride, m'octroyant une trique de tous les diables. Un juron s'échappa de mes lèvres, d'une voix rauque et chaude que je ne reconnut pas sur le coup... et pourtant, c'était bien la mienne.
Fermant les yeux, je me mis alors à revoir l'ensemble de la scène et de ma main sur mon sexe, je me laissai à croire qu'il s'agissait de la sienne. Bon Dieu ! Il n'avait pas fallu bien longtemps avant que je me déverse dans un râle chaud, ignorant les commentaires et les ricanements de mes voisins de douches. Tout ça c'était de sa faute ! Grondais-je en mon for intérieur ! S'il n'avait pas été si ... si... Chier ! L'eau fit le reste et me calma petit à petit, tout en me rinçant de ma semence. Alors je pus enfin me laver et quitter les douches qui avaient été un instant le recueil de souvenirs mémorable ! Et dire que j'avais été capable de me contenir pendant quatre jours, de ne pas osez-le faire, ni même me toucher en pensant à lui et à ce qu'il c'était passé ! Il fallait que je cède maintenant ! ça en était rageant, de plus, je devais bien admettre que ça me donnait des raisons supplémentaires de m'inquiéter quant à ma dépendance pour Jason. Non... il n'y avait aucune dépendance... il y en aurait uniquement, si j'en venais à me toucher de nouveau en pensant à lui...plus d'une fois dans la journée ! Ce qui heureusement n'était pas encore le cas.
Le repas de midi prit, je me décidais à aller faire un peu d'exercice sous le préau, bien que là aussi, dans ce lieu également, l'empreinte de Jason était présente. À mon grand dâmne ! J'en fis abstraction cependant pour me concentrer pleinement à mes exercices. Retirant le haut de ma combinaison que je nouais sur mes hanches, je restais en Marcel blanc, tout en commençant à me mettre sur l'une des machines à disposition. Seul le rameur l'était pour l'instant mais je ne m'en privais pas, au moins j'avais une occupation et de quoi passer mes nerfs si mes pensées me rapportaient encore une fois le prénom du Black Tears. Au bout de deux heures à enchainer les exercices sur des machines différentes, j'étais en sueur et mon marcel ne couvrait plus grand-chose, mais qu'importe, pourtant, cela n'avait pas empêché un détenu de m'aborder. Je n'étais pas dupe, ses avances étaient claires et assez osées. Me saisissant de ma bouteille d'eau, laisser au pied de ma machine, pour en boire une bonne partie, j'écoutais le détenu me faire ouvertement du rendre dedans. Sérieusement, il croyait vraiment que j'allais accepter ?! Raillais-je intérieurement.
Cependant, pendant tout ce temps, je n'avais pas fait attention aux nouveaux venus sous le préau. Pourtant, j'avais beau être dos à la cour, j'avais la désagréable impression, que Jason venait tout juste d'arriver et m'avait surpris avec le détenu. C'était étrange... pourquoi je me sentais coupable.. ?
