Le soleil se
levait à peine sur l'étendue désertique de Saint James et le ciel était d'un
bleu limpide. Les rayons du soleil promenaient leur luminosité vers le sable
laissant apparaître un champ de pépites dorées. Jason fumait déjà sa première
cigarette. Elle se consumait lentement à chaque inspiration de ses lèvres
autour du mégot laissant la cendre s'évaporait dans les airs. Depuis son
arrivée derrière les barreaux, Jason avait prit ses marques jusqu'à installé
une routine qui lui semblait familière, mais malgré ses efforts, il finissait
souvent en isolement. Effectivement, Jason avait un tempérament de feu, il
était téméraire, impulsif dans ses actions, on le qualifiait de tête brûlée -ou
certains, d'idiot pour agir si spontanément.- Sans doute que parfois, il
manquait de raisonnement, mais son assurance lui valait une admirable
réputation aux yeux des autres.
Après avoir admiré l'aube en savourant sa première cigarette matinale, il était parti prendre son déjeuner en compagnie de quelques frères de gang. Il les écoutait discuter dans un silence mutin, même si la conversation était amusante, Jason ne souriait pas et son regard grenat ne transmettait aucune émotion. Il était rare de le voir rire, ou même sourire.
La matinée avait laissé la place à l'après-midi à une vitesse déconcertante. Il ne l'avait pas vu passé, étant bien trop occupé à remettre de l'ordre dans les affaires des B.T sous les consignes de Randy Wulf ou de soulever des altères sous le préau. Après le copieux repas de midi -il s’était resservi deux fois – et une longue sieste allongé sous un arbre, on lui proposa de participer à un match de basket-ball. Il accepta dans un mouvement de tête avant de se relever.
Il retira le haut de sa combinaison qu'il laissa choir sur un banc se retrouvant vêtu d'un débardeur rouge et il releva le bas de son pantalon jusqu'à ses genoux pour en faire un panta-court. Sa main glissa dans ses cheveux pour le jeter en arrière et d'un mouvement nonchalant, il rejoignit son équipe sur le terrain de basket-ball. Il joua ainsi plusieurs matchs, jusqu'à se retrouver pour une troisième partie face à Tomas J.Miller.
- L'équipe perdante devra assouvir les désirs de l'équipe gagnante. Lança un gars derrière son dos et ce défi fut reçu par des rires et des approbations. Le jeu devenait intéressant, un peu de piquant n'était jamais à exclure entre les murs de Saint James.
Jason avait le corps trempe de sueur, des gouttes dégoulinaient de la racine de ses cheveux pour se perdre le long de son torse, de ses bras ou de sa colonne vertébrale. Il avait retiré son marcel pour libérer la chaleur que lui provoquait ce simple tissu et s'avancer vers l'entre-deux face à Tomas.
- On aime, très certainement, l'extrême. Répond t-il en essuyant son front du revers de sa main.
Avant que le ballon ne soit jeté en l'air, Jason prit le temps d'observer Tomas. Il lui trouvait « un truc » qui ne pouvait définir. Lui plaisait-il ? La réponse resta en suspend car le jeu venait de commencer et il était hors de question de perdre cette partie. Le ballon s’éleva dans le ciel et après avoir prit un bon appuie sur ses jambes, il sauta pour le dévier de sa trajectoire.
Déjà dix minutes de jeu et le score était de 12 à 6 pour son équipe. Pour l'instant, son équipe menait mais la prudence était de mise tout pouvait se renverser. Jason collait Tomas comme son ombre, il l'empêchait de passer, de pendre la balle ou de se mouver facilement. Se trouvant derrière lui, Jason laissa quelques secondes le match en pause pour fixer les cheveux de Tomas, puis sa nuque dégagée et une goutte de sueur qui glissait lentement sur sa peau. Il avait l'irrésistible envie de le toucher et du bout de son index, il écrasa la goutte d'eau.
- Un insecte. Dit-il simplement comme s'il était impératif de justifier son geste.
Même s'il n'avait rien montré, Jason avait ressenti une petite décharge électrique par ce simple effleurement. Ça lui avait piqué les sens, comme s'ils étaient deux aimants fait l'un pour l'autre. Son regard sanglant croisa celui de Tomas et un petit sourire, presque insignifiant, se dessina sur son visage.
- Tomas ! La balle ! Cria un type.
Obnubilé l'un
par l'autre durant un quart de seconde, le ballon arrivait droit sur Tomas,
rapide et violent. C'est sans réfléchir que Jason, dévia le ballon d'un coup de
poing.
