C'était
tellement étrange ce qui se passait en ce moment. Tellement grisant aussi.
Déjà, la première fois, c'était une sensation si nouvelle qui m'avait assaillie. De l'inconnu, de l'intérêt mêlé à de la curiosité aussi, sans doute, mais il y avait plus encore. Je le sentais. Quand ce volcan en fusion avait pour la première fois apposé ses yeux sur moi et que j'en avais capté l'intensité, je m'étais senti comme entrainé dans une autre dimension. Aujourd'hui encore, je sentais que ce sentiment apparaissait de nouveau, bien qu'impossible de réfléchir correctement, je ne pouvais mettre un véritable mot sur l'impression que j'avais de Jason Ravana. Cet homme me faisait de l'effet, pas qu'un peu d'ailleurs, je ne pouvais le nier... et pour tout dire, je pense ne pas en avoir la force, tant l'attraction que je développe pour lui est forte.
Alors que mes lèvres enveloppaient dans un étaut, chaud et étroit le membre dur et palpitant du Black Tears, je sentis sortir de ma gorge un râle rauque. Il était fichetrement imposant et son goût, me rendait dingue d'un désir insoutenable, presque inavouable. Je sentais sur moi, le regard incandescant de Jason, tandis que mes allées et venues sur sa verge, le faisaient croitre encore si possible entre mes lèvres, humides. Bon Dieu ! J'ignorais si c'était son regard, son tempérament à vouloir tout contrôler, ou si c'était simplement l'ensemble qui me rendait si fébrile à chacun de ses gestes, attentif à ses soupires lourds de sous-entendu. J'étais excité, impatient et dur... Levant alors les yeux vers l'homme, j'inspirais plus fermement, mes doigts brûlants prirent appui sur ses cuisses, le gratifiant, d'une gorge profond ou deux.
- " Tu lui reproches quoi... " Demandais-je entre deux allées et venue. " .. à mon éducation...? Hun ? " Lançais-je, un infirme sourire en coin, bien plus visible dans mes yeux que sur mes lèvres, trop occupées à déguster l'agrume de Jason, qui bon Dieu... me plaisait !
J'ignore cependant ce qu'il lui passa par la tête à un moment donné, pour se crisper et venir glisser sa main dans mes cheveux pour m'obliger à délaisser son sexe et me redresser. Ce que je fis sans protester, haletant d'un désir si fougueux et viscéral de lui appartenir. Suivant le regard de Jason au craquement de ses doigts, je pus ainsi comprendre qu'il était tendu, à fleur de peau aussi, comme nous l'étions tous deux... Mon corps me brûlait et réclamait hardement les mains du détenu, pour l'inviter à continuer sa combustion, mon souffle rauque et bas, comme ma voix, trahissait sans doute mon envie. M'approchant de lui, juste encore un peu, juste assez pour le rhabiller sommairement, non sans prendre le temps de toucher sa peau. Elle était si chaude... si... accueillante.
Je pris soin de retenir un instant ma respiration devant le coup d'électricité des paroles ainsi que tu regard de mon vis-à-vis. Si violent de désir et d'impatience, si puissant et impétueux. J'en déglutis, pourtant la bouche sèche avant de respirer de nouveau. Non sans mal.
- " Être vu, te dérange ? " me renseignais-je, alors que mon torse touchais presque le sien à chacune de mes inspirations.
Il n'avait - me semble-t-il - pas été gêné, lorsque je l'avais surpris dans les toilettes avec un détenu qu'il fessait. Intérieurement, cette vision qui me revenait m'aurait fait sourire, si le regard du Black Tears, ne me brûlait pas ainsi. J'aurais voulu lui dire de me toucher, plus que me regarder de cette manière-là, si sauvage et brutal, pourtant le seul son que je fus capable de prononcer, resta un son guttural, n'exprimant qu'une envie que je peinais à contenir. Une main pressée contre le torse de Jason, il s'en saisit pour m'entrainer Dieu seul sait où. Sa poigne, je m'en souviendrais toujours, était ferme, force, sans me faire mal cependant, mais juste assez pour que je ne puisse m'extirper de son emprise. Aux paroles qu'il adressa à l'un des membres de son gang, je compris, que nous le ferions là. Bientôt. Dans un coin de la cour, où seul, lui et moi aurions accès et serions décomplexés des regards alentour. Ce dernier, allant monter la garder, me gratifia d'un regard en biais que je devinais suspicieux et auquel je lui répondis, d'un sourire, avant de fixer le dos du second...
Ses épaules. Si
larges.
Son maintien. Si
fier.
Ses cheveux. Si
sauvage.
Sa peau. Si
appétissante.
Et par-dessus
tout... ses yeux, si extraordinaire. Je n'en démorderais donc jamais ?!
Il s'arrêta finalement, gardant mon poignet emprisonné dans sa poigne, à l'abri d'un arbre imposant au tronc ma foi, suffisant pour nous y cacher tous deux. Mon corps tremblait, non pas de peur, ni de froid, mais d'une excitation pure. Je n'arrivais plus à tenir et le comportement de Jason que j'observais du coin de l'oeil, ne fit que faire croitre en moi ce sentiment étrange, qui me vrilla le ventre au point de faire exploser mon coeur dans un battement en trop. Il semblait fragile et pourtant tout de force. Son regard, comme le ton de sa voix, m'électrisa et me glaça à la fois par leurs forces. Il exigeait, simplement. Comme un peu plus tôt, près du grillage... M'humectant les lèvres je le dévisageais, un moment, venant poser une main sur la sienne afin qu'il me libère le poignet, tout en venant me mettre dos à l'arbre. J'étais ainsi parfaitement placé pour faire face au Black Tears et l'attirer vers moi, collant ainsi nos deux bassin, brulant et dur d'excitation, pour lui murmurer contre les lèvres de légères paroles.
- " Déshabille-moi, Jason... " Lançais-je suave, une main sur la taille de celui-ci, que je caressais comme pour toucher de nouveau sa peau et m'en imprégner. " Je veux que tu me touches... " Grognais-je presque à bout de patience.
Pourtant et malgré moi, je pris soin de me déshabiller tout de même, le laissant proche de mon corps, de mes lèvres et me baignant dans l'océan de ses yeux si limpide et expressif. Je voulais presque le faire languir encore, le rendre fou d'impatience, pour qu'il me dévoile la bestialité et la fougue qui l'habitait et qu'il me transmettait - sans s'en rendre compte sans doute - par ses regards et ses gestes. Bientôt, plus vite sans doute, que je ne l'aurais voulu, je fus nu, devant lui, comme au premier jour, soumis à son regard et à son jugement.
À son appréciation
aussi... et ça me terrifiait.
